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Dr. Mouctar COULIBALY
Ph. D Biochimiste et expert nutritionniste

De l’aube de ma vie, en avril 1956 à ce début de l’année 2024, j’ai bravé de multiples épreuves qui ont contribué à enrichir mon être pour ainsi me permettre de traverser le cours des évènements les plus marquants de mon existence. Au regard de plus de six décennies d’expériences de la vie, retenir les figures les plus décisives qui ont, au fil des années, influencé les différentes étapes de ma vie peut paraître moins aisé et superficiel.

Il s’agit avant tout de mon enfance mouvementée très tôt, avec la perte de mes parents dès l’âge de deux (2) ans, pour mon père, et 10 ans pour ma mère ; ce qui devait me conduire à prendre très vite conscience de ma situation d’enfant adopté par un ami de mon père pour aller à l’école fondamentale de Koutiala. Séparé de mon frère et de mes sœurs, je devais pour ma part, comme chacun d’entre nous, relever le défi de travailler dur dans la famille, au champ, ce qui m’a encore mieux endurci et motivé pour réussir à l’école. Dès lors mon combat pour relever les défis scolaires était campé. Après le succès au premier certificat de fin d’études du premier cycle de l’enseignement fondamental (récemment appelé certificat d’études primaires), je poursuivis avec le même rythme pour franchir le cap du Diplôme d’Etudes Fondamentales en 1973 pour goutter à la liberté de l’internat du lycée de Banankoro, région et cercle de Ségou. Je ne remercierai jamais assez mon père adoptif, Feu Sidiki Koné photographe à Koutiala, pour l’environnement familial, sa confiance et son estime pour moi, me félicitant chaque fois que j’ai eu des bons résultats scolaires malgré toutes les tâches familiales qui m’étaient assignées.

Je dois aussi remercier vivement mes grandes sœurs Fanta et Kadidia, qui m’ont toujours soutenu et encouragé sur la voie du succès.

Le lycée-internat de Banankoro fut une autre étape importante, celle des études secondaires qui devraient se clôturer par les deux baccalauréats, qui après le tronc commun en dixième année devait nous voir choisir le cheminement décisif des études supérieures. Il aurait fallu pour cela, avoir bénéficié d’assistance-conseil nécessaire pour, en dehors des dons naturels, nous guider à opérer le choix de l’avenir passant par les études supérieures. Après une année en dixième tronc commun, nous avons tous été déplacés de Banankoro pour les lycées de Bamako (lycées de Badalabougou et Askia Mohamed). J’ai finalement dû poursuivre en Sciences Biologiques pour réussir mes deux baccalauréats en 1977 et bénéficier d’une bourse d’études universitaires en Ex-URSS. Ce fut une autre étape de six longues années (une année de langue et cinq années de master) à l’Université Vladimir Ilitch Lénine de Kichinev en Moldavie Soviétique. Ce qui se solda par le diplôme de Master en Biologie en 1983. Malgré l’octroi dune opportunité de continuer, en thèse, je choisis de rentrer au Mali pour garantir mon poste de professeur d’enseignement supérieur, de 1984 à 1989 où je pus profiter de l’opportunité de bourse de thèse de doctorat de 1989 à 1992.

Après cinq ans de vie professionnelle et mon doctorat, je devais donc enchaîner à l’IPR/IFRA comme professeur d’enseignement supérieur jusqu’à ma retraite en décembre 2021.

 Mes activités d’enseignement et de recherche au sein du Département d’études et de recherche des Sciences Fondamentales et de Base (DER SFB) ont donc continué avec ma participation très active au processus de restructuration de l’IPR en Institut de Formation et de recherche appliquée (IPR/IFRA) pour le développement intégré du Sahel.

Cela s’est poursuivi avec ma nomination comme responsable de la salle informatique, fonction que j’ai assumée pendant six (6) ans avec résidence sur le site au sein de l’institut.

Résolument engagé et déterminé à évoluer dans une école agronomique avec mon profil de biochimiste, il était clair pour moi que pour jouer ma partition dans une telle école polytechnique rurale, je devais avoir l’ambition de sortir de mon isolement. Je me suis désormais investi à m’adapter au tissu académique de l’IPR/IFRA en confortant mes capacités de mise en pratique des compétences académiques acquises jusque-là. J’ai donc profité d’une opportunité de bourse conforme à mon objet d’intérêts (stage de formation de 3 mois en anglais), offerte en 1998, pour la Belgique par l’Agence Générale de Coopération au Développement (AGCD) sur les ˝biotechnologies appliquées à l’agriculture et aux bio-industries˝ au Centre Wallon de Biologie Industrielle (CWBI), faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux. Greffé à mon profil de biochimiste, mes capacités comme professeur de technologies de transformations agroalimentaires à l’IPR/IFRA étaient plus que jamais solides et qualitativement renforcées. Puis, entre 2001 et 2003, faute de me voir évoluer dans un laboratoire de Biochimie alimentaire, mes ambitions d’exercer pleinement mes compétences m’ont d’abord permis de participer à un séminaire international à Beijing sur la transformation des produits agroalimentaires. Puis, pour faire face aux conséquences d’insécurité alimentaire et nutritionnelle des mauvaises campagnes agricoles et aux attaques acridiennes récurrentes, ma participation active aux activités de conception de curricula de nutrition pour les écoles secondaires et supérieures de santé au sein d’un atelier national, m’a valu en 2003, la sélection pour une formation en santé publique/nutrition à l’école de Santé Publique et de Médecine Tropicale de Tulane, en Louisiane, USA. La voie du destin que je voulais suivre après la réussite au baccalauréat en SBT, 1977 en réussissant mon concours d’entrée à l’Ecole de Médecine et conduisant à ma bourse pour faire biologie humaine en ex-URSS, était ainsi restaurée par Dieu le Tout Puissant.

De retour au pays en 2005, j’étais ainsi prêt à contribuer pour inverser les tendances de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui, après l’attaque acridienne de la même année se manifestait de façon plus cruelle au niveau du plateau dogon, du sahel occidental, et au nord du Mali.

Que retenir donc de ces épreuves de services rendus à mon pays ? Ce fut d’abord en ma qualité de biochimiste désormais nutritionniste pour réaliser des prestations de consultation tant au niveau national, qu’international, notamment, à l’UNICEF, CRS, PAM, HKI comme consultant/administrateur et expert nutrition.

Pour continuer à mon poste, ce fut l’occasion de poursuivre en mes qualités de professeur de Biologie, de chimie organique, de Biochimie, et de technologies de transformation des produits agroalimentaires à l’IPR/IFRA et à la Faculté des sciences et Technique (FAST), puis de nutrition au département de santé publique à l’Ecole de médecine. Parallèlement, j’ai conçu et réalisé des activités d’encadrement/recherche sur différents thèmes de Biochimie de transformation des produits végétaux, de technologie des produits alimentaires d’origine animale et végétale. Tout cela permit de réaliser des thèmes de fin d’études en licence, master, et doctorat dans différents départements d’étude et de recherche (DER) de l’IPR/IFRA, et dans différentes structures de recherche (FAST, IER, ANSSA, ENMP, INFSS, …).

Aujourd’hui encore après avoir fait valoir mes droits à retraite, je continue à appuyer mon DER SFB à l’IPR/IFRA en Biochimie, le master nutrition de l’Ecole de Médecine, et les activités d’encadrement de thèse à l’IER, l’ANSSA et à l’IPR/IFRA où j’ai développé plusieurs projets dont ceux récents d’incubateur d’entreprise de transformation agroalimentaire et de master nutrition que je voulais lancer et laisser à la postérité. Ce sont donc plusieurs années de réflexions et de conception au profit des licenciés sans débouchés et d’ingénieurs à renforcer pour le développement intégré du Sahel. Malheureusement ces œuvres, malgré les approbations ne reçoivent pas les consécrations dignes d’un retraité qui doit céder la place à d’autres plus jeunes et non imprégnés des raisons qui, depuis plus de trois (3) ans, ont motivé la création de ces modules, et qui doivent prévaloir pour son animation pédagogique…

Je ne me suis jamais senti aussi fort, aussi clairvoyant et engagé à servir mon pays dans toute la plénitude de mes compétences durement acquises. Je suis et serai prêt à le faire en d’autres lieux de mon pays, surtout chez moi à Koutiala où l’occasion semble pointer à l’horizon. Serait-ce l’expérience transformatrice décisive au crépuscule de ma vie ou tout simplement une surprise de couronnement d’une vie qui n’a pas fini de me réserver des surprises. Le coup en vaut peut-être la chandelle. Puisse le Tout puissant m’aider à le réussir.

Je tiens ici à remercier mon ami et camarade d’enfance et de lycée Mr Kalifa Goïta que je viens de retrouver pour la même cause, et mon ami et frère Dr Siriman Sissoko qui a créé cet environnement scolaire chez nous à Koutiala.

Puisse le Tout puissant nous accorder la chance de réussir cette aventure.

Pour notre Mali !
Pour nos enfants !
Pour l’Afrique !